Petite sociologie des bas-de-plafond qui jouent la « réconciliation » : internet, secte politique et argent

Petite sociologie des bas-de-plafond qui jouent la « réconciliation ». Première partie: internet, secte politique et argent

Lorsque l’on aborde ce genre de sujet, se pose chaque fois la même question : ce genre d’individus amoureux de leur image sur Internet mais relativement inconséquents d’un point de vue politique valent-ils réellement la peine que l’on va se donner à les regarder exalter leur narcissisme face caméra pour ensuite écrire un article qui relève plus du supplément de « Voici » que d’un travail d’information antifasciste ? À partir de quand risque-t-on de rater nos objectifs et de faire la promotion d’un de ces spécimens de faf 2.0 ?

En effet, le problème de la communication sur Internet est souvent le même que lorsqu’il s’agit d’affronter les idées de l’extrême-droite, et il a déjà été, partiellement certes, mais plutôt bien résumé par certains antifascistes. Chaque lien que l’on publie et qui renvoie sur un média confusionniste – sous prétexte de ne reprendre qu’une info (c’est malheureusement monnaie courante même chez des militants avertis) – participe au référencement de ces sites par les moteurs de recherche et contribue donc à donner de la visibilité à l’ensemble de leurs contenus. Google ne fait pas la différence entre un militant libertaire, un militant d’extrême-droite et un site confusionniste… Nous ne le rappellerons jamais assez, les sites, blogs et tous les médias que l’on a pris l’habitude de qualifier de confusionnistes ne font pas cela par hasard. Ils sont la plupart du temps gérés par des individus d’extrême-droite ou proche de cette dernière et relèvent d’une véritable stratégie à long terme. Ajoutons à cela que dans ces conditions, même si certains de ces sites – ça peut toujours arriver, admettons – peuvent être l’œuvre de perdu isolé (mais c’est rarement le cas, car ils ne bénéficient pas alors du référencement dont peuvent se vanter certaines usines à semer la confusions dans les esprits), il importe peu que ces sites fassent cela de manière consciente ou non, ils participent à la même dynamique, et à ce titre mérite la même indifférence.

Difficile en effet de mesurer l’audience que peut rapporter tel ou tel article à notre ennemi. Tout cela est d’autant plus problématique quand il s’agit de cas que nous allons traiter dans le présent article, à savoir des individus complètement égocentriques qui produisent des dizaines de milliers d’heures (et parfois plus) de vidéos dans lesquelles ils parlent, pour certains, comme Soral, éructent pour d’autres (on pense à Yvan Bennedetti qui semble avoir des difficultés pour s’exprimer autrement), voire même dégueulent leur haine en direct-live. Il n’existe à notre connaissance que peu adjectifs à même de qualifier Roger Holeindre du PDF, un beau mais fort rare exemple de vieux fossile fasciste encore capable de transpirer la haine de manière aussi expressive.

En effet, il est très compréhensible que le lecteur intéressé par le sujet veuille aller se faire sa propre idée de ces diatribes et ces règlements de comptes par caméras interposées. Seulement voilà, les chaînes de ces « ennemis du système » signent des contrats avec les hébergeurs comme YouTube et DailyMotion et chacune de leurs vidéos sont accompagnées de publicités, et donc chaque clic rapporte de l’argent à ces personnes.

XeroxNotre ennemi a compris bien avant nous l’intérêt de l’outil informatique et d’Internet, il a de ce fait une longueur d’avance. Ne pas l’admettre équivaudrait à se voiler dangereusement la face, voire à se tirer une balle dans le pied. Les premiers Bulletin Board Service (BBS) néo-nazis datent du début des années 80, à une époque où libertaires et autonomes détruisaient les ordinateurs pour protester contre l’avènement de la tyrannie technologique. Si nous reconnaissons l’intérêt qu’ont eu alors ces luttes et l’actualité de la remise en question radicale de la société industrielle, tout comme nous maintenons un regard critique sur l’outil informatique et Internet, nous ne pouvons ni ignorer qu’il constitue un nouveau front de la guerre culturelle, ni ne pas constater que ce front a été précocement largement investi par l’ennemi au point de devenir l’un de ses atouts et que par conséquent il ne peut être question de le leur abandonner.

Nous l’avions déjà évoqué précédemment (dans l’article Survivre à la connerie. Paranoïa et fantasmes apocalyptiques, du Ku Klux Klan à Egalité et Réconciliation…) au début des années 80 les premiers néo-nazis survivalistes américains issus du Ku Klux Klan vont se lancer dans l’informatique. Ainsi Louis Beam, dans une newsletter interne de l’organisation intitulée « Inter-Klan Newsletter and Survival Alert », informe dès 1984 les militants des possibilités offertes par ce nouvel outil et lance l’idée d’un réseau de grande envergure. Faisant écho aux propos de Beam, le premier Bulletin Board System à contenu raciste appelé « Liberty Bell Network  » est lancé en 1984 par George Dietz (allemand, ancien des jeunesses hitlériennes, immigré aux Etats-Unis) bientôt imité par de nombreux autres militants racistes (comme Tom Metzger de la White Aryan Resistance avec le « W.A.R. Computer Terminal ») et servant d’exemple à une génération de néo-nazis.

Article "Les ordinateurs et les patriotes américains" de Louis Beam dans la Inter-Klan Newsletter and Survival en 1984

Propos de Louis Beam dans la Inter-Klan Newsletter and Survival Alert, 1984

« Il se peut très bien que le savoir-faire américain ait fourni la technologie qui permettra à ceux qui aiment ce pays de le sauver d’un sombre destin mérité.

Les ordinateurs, jusqu’alors uniquement le domaine et la possession du Gouvernement et les grandes entreprises , apportent maintenant leur puissance et leur capacités à l’ Américain moyen .

Il n’est plus nécessaire d’être un programmeur ou de passer des années à l’université pour faire fonctionner un ordinateur . Leur facilité pour nous a été simplifié au point que les six ans les font maintenant fonctionner dans leur première année d’éducation dans de nombreux districts scolaires .

Il a été dit que la connaissance est le pouvoir, ce qui est plus que certains . Les offres de l’informatique à ceux qui deviennent compétents dans son utilisation , puissance insoupçonnée par les dirigeants du passé .

Un ordinateur lorsqu’il est connecté à un modem ( un téléphone pour les ordinateurs ) possède la capacité d’accéder à une quantité quasiment illimitée d’informations. Comme par magie, le mot écrit apparaît sur l’écran de l’ordinateur à une vitesse que la dactylo la plus rapide peut ne pas concurrencer . »

Inter-Klan Newsletter and Survival Alert, 1984

Annonce du BBS de George Dietz dans la revue Liberty Bell

Annonce toujours pour Liberty Bell Network

Mais revenons-en à notre sujet, l’interview d’un mythomane chronique qui avait essayé, il y a quelques années, de faire croire au monde entier qu’il avait vaincu le fascisme à la force de ses bras, et sa réconciliation avec son ennemi juré : le tristement célèbre skinhead « Batskin » (Serge Ayoub). Celle-ci a fait parler d’elle plus que l’on aurait pu le penser. Et puis en y regardant de plus près – abstraction faite de la stupidité qui caractérise les protagonistes et de l’aspect pathétique de leur déclaration d’amour – une petite analyse de tout ceci, le tout remis dans son contexte s’avérera peut-être intéressant. En tout cas, nous préférons le faire ici plutôt que de continuer à regarder monter le compteur de ces vidéos et le compte en banque de ces merdes.

Le mythomane chronique en question...

...ses ennemis.

Tout ceci se passe dans le cadre de la vaste offensive menée par Alain Soral et son organisation qui a lieu ces derniers mois. Cette offensive intervient après plus de dix années de travail acharné sur le web qui lui a permis de faire pénétrer ses idées dans les esprits. Soral, en qui de nombreuses personnes n’avaient voulu voir jusqu’à maintenant qu’un vulgaire petit escroc dirigeant un micro-groupuscule en marge de l’extrême-droite et qui lance à présent son parti Réconciliation Nationale, avec Dieudonné, s’imposant incontestablement comme la deuxième force politique d’extrême-droite en France. Et pour mener son offensive le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne part pas de rien. Il peut en effet se vanter d’avoir dépassé les douze milles adhérents dans ce que certains persistent à considérer comme son « fan-club ». Ses vidéos, maintenant payantes sur DailyMotion, où il bénéficie également de recettes publicitaires, font des millions de vues et génèrent un fric fou. Ses produits dérivés à prix exorbitants vendus à ses sympathisants dociles et à la clientèle de ses entreprises, couplés aux financements de régimes étrangers à qui il sert de caisse de raisonnance dans l’hexagone font exploser le tiroir-caisse.

Il faut avant toute chose savoir qu’à propos de l’organisation Egalité et Réconciliation et de ses entreprises satellites (Kontre Kulture, Au bon sens, Prenons le maquis,…), il s’agit d’une organisation ultra-hiérarchisée et toute entière consacrée à la personne de son chef Alain Soral qui y exerce un pouvoir absolu et en fait vivre sa garde rapprochée.

Mis à part les gardes du corps qui ne le lâchent pas d’une semelle, Soral s’appuie sur un groupe restreint d’une vingtaine de cadres qui lui sont entièrement dévoués et constituent le noyau dur de l’organisation. Passé ce cercle, les militants d’E&R sont bons pour applaudir leur nouveau guide, lui obéir au doigt et à l’œil, trop content de pouvoir apporter leur contribution aux desseins du grand maître et de participer ainsi à la « dissidence ».

E&R fonctionne en bien des points comme une véritable secte. On tente d’y effacer le plus possible la personnalité des sympathisants. Ces derniers qui, après plusieurs mois de visionnage intensif de vidéos sur le net ont franchi le pas, sont alors plongés dans un monde où l’univers entier se résume à un mensonge, mais où le moindre de leur problème trouve une explication certes irrationnelle mais simple et facilement acceptable. Les raisonnements et le mode de pensée totalement antilogiques et irrationnels que sont amenés à adopter les fidèles du gourou Soral s’expliquent par le martellement que ces derniers subissent des mois durant et l’emprise que l’organisation a sur les personnes qui la rejoignent. Le « militant » se voit conféré un caractère très spécial – qui explique toutes les persécutions qu’il va subir de la part du monde extérieur – du fait que des vérités jusque là si bien cachées viennent de lui être révélées et qu’il en est maintenant l’un des initiés à qui l’on confie des tâches et des missions pour assurer le triomphe de la vérité.

Les nouveaux arrivants comme les vieux fidèles sont activement surveillés par la direction paranoïaque de l’organisation qui d’une part, on le sait bien, est convaincue de subir les pires persécutions, mais d’autre part est avant tout une grosse pompe à fric au service de Soral et de quelques uns de ses intimes. E&R ne peut en aucun cas se permettre que l’un de ses porte-monnaie ambulant en vienne à penser par lui même, voire pire, à critiquer Soral ou l’organisation. Cette dernière ne recule en effet devant rien quand il s’agit de faire taire les réfractaires…

Soral

Alain Soral et ses garde du corps au procès qui l'a opposé vendredi dernier au journaliste Frederic Haziza

Soral qui n'a peur de personne mais que sa protection rapprochée ne lâche jamais

Toujours Soral et ses anges gardiens

Politiquement, comme dans ses relations humaines, Soral est un mégalomane narcissique qui se trouve régulièrement dans l’incapacité de composer avec des personnes qui ne restent pas dans son ombre, dont il ne les sort que pour en faire ses faire-valoir. La seule exception à cette règle est Dieudonnée car ces deux-là ont besoin l’un de l’autre pour mener leurs petits business respectifs.

Ceci étant dit, il est clair que quelqu’un comme Thomas Nlend alias Mathias Cardet n’échappe pas à la règle, il a cependant l’avantage d’être un produit tout neuf, tout nouveau de Soral. Il semblerait que ce dernier, après avoir été la star soralienne des manifs pour la Palestine, se soit retrouvé à garder la porte du tribunal lors de l’audience qui opposait Soral au journaliste Frédéric Haziza la semaine dernière. A-t-il été « mis au coin » par le maitre ? Ou embauché par l’organisation comme vulgaire vigile ?

Thomas devant la porte du tribunal attendant que son maitre sorte

Thomas Nlend alias Cardet que l’on devine dans la foule tout le long de la vidéo réalisée par E&R et que l’on voit fuir la caméra, visiblement en proie au doute, aura tout de même droit à son interview. Un exercice dans lequel il n’a, en tout cas, pas brillé ces derniers temps lors des entretiens qu’il a donnés aux amis et relais d’E&R de l’Agence Infos Libre. En effet tout le monde ne s’appelle pas Alain Soral et ne pratique pas la vidéo-révélation (euh réconciliation…) depuis plus d’une décennie.

Thomas retrouve enfin la caméra.

Mais que peut-il regarder de si intéressant hors du cadre en pleine interview ?

On se le demande bien, tout le long de la vidéo...

Et la réponse à , c'est le texte que le maître lui avait écrit.

Sur le cas de ce jeune homme nous invitons le lecteur a consulter l’article de Failfaf : « Ou même Soral » : Gaza Frime FAIL

Peu étonnante non plus la présence au procès du leader d’extrême-droite de Morsay, célèbre non pas pour ses positions politiques très réfléchies mais pour le buzz de sa vidéo « Cliquez bande de salopes ». Ce dernier, qui n’a pas peur des contradictions pour peu qu’il ait une audience, s’était pourtant déclaré contre les « fachos ».

« A tous les fils de pute de fachos. Je vous nique vos mère la pute…
…nique les skins en quantité, on vous rentre des fusils à pompe dans le cul ! »

Alpha 5.20, Sambastos, Zahef & Morsay – Guerre Et Paix

On aurait préféré que Morsay renie son homophobie et son sexisme plutôt que son antiracisme. Visiblement c’est raté…

Morsay qui veut "niquer" les skins et les fachos...

...et Morsay venu soutenir un vrai facho.

Après avoir récemment fait l’acquisition d’un pseudo-hooligan du PSG doublé d’un « rappeur », Soral s’est donc récemment attaqué à la suite de son projet. Pour renforcer la crédibilité de sa « réconciliation nationale » il lui fallait mettre la main sur quelqu’un qui incarnait l’engagement dans ce qu’il peut y avoir de plus radical dans le camp des révolutionnaires, qu’il combat par ailleurs. Ce n’est pas la première tentative de Soral dans cette direction. Avant de se rabattre récemment sur le mythomane dont nous allons parler, il avait visé beaucoup plus haut il y a deux ans.

Sa première tentative a été d’approcher Jean-Marc Rouillan, ancien militant dans la résistance armée anti-franquiste en Espagne, puis membre d’Action Directe qui, bien qu’ayant subit deux décennies d’enfermement, reste un non-repenti. Ce dernier s’est donc vu proposer un entretien par l’un des satellites d’Egalité et Réconciliation, le site Dikt(A)kratie.

Une interview qu’il a eu le malheur d’accepter et qui a été immédiatement relayée par l’organisation mère. Soral a donc, dans un premier temps, bien failli abuser le camarade Rouillan sûrement moins à l’aise que lui dans la communication en temps réel sur Internet. Car en véritable opposant au système conscient de la réalité et de la nécéssité de la lutte sans compromission contre le capitalisme, Jean-Marc s’est vu confisquer sa vie par la machine répressive de l’Etat français et n’a pas vécu comme Alain Soral, planqué derrière ses gardes du corps ou la police, à monter des entreprises pour pomper du fric à des paumés.

L'entretien sur le site soralien.

Hélas pour notre stratège de la confusion Rouillan découvre la supercherie et il publie le communiqué qui suit :

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Mise au point de J.Marc ROUILLAN

23.8.2012

Hasard malheureux de la toile et projet de créer de la confusion (là  où il n’y en a aucune), mon interview donné à deux intervenants de Diktacratie.Com a été reproduit le 23 août sur le site d’Alain Soral.

Le projet de ce sinistre individu est bien connu. Il est ancien et  remonte aux années de la peste brune. Il est tout simplement  réactionnaire. En fait, il tente de démontrer qu’il existe une extrême  droite qui serait antisystème, anti-impérialiste et anticolonialiste. Et mieux, qu’elle serait la seule voie praticable de nos jours.

Pour  cela, il a besoin de construire des ponts imaginaires avec  des militants radicalement antisystème, anti-impérialiste et  anticolonialiste comme je l’ai été en tant que combattant d’Action  Directe et comme je le suis car non-repenti.

Aujourd’hui cet ignoble ver de terre ose utiliser mon nom et mes  mots qu’il sache toute fois qu’aucun lien n’est possible que le  seul affrontement à mort entre réaction et révolution, extrême droite  et extrême gauche, fascisme et antifascisme, domination blanche  et internationalisme.

Aucune discussion n’est possible avec la racaille réactionnaire.Qu’ils crèvent !

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Vert de rage, Soral avait alors réalisé plusieurs vidéos disant avoir agi par compassion pour notre camarade et où il insultait notamment Rouillan, ce dernier était taxé de « truffe », d’ »imbécile », d’assassin et de « crétin ». Sur fond de reportages télévisés de l’époque, d’interventions des chantres de l’antiterrorisme et de responsables des barbouzes de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), elles sonnaient comme une véritable apologie de l’institution policière. Il y porte notamment un T-shirt de l’unité de police RAID.

Les deux enflures (George Besse, patron de la régie Renaud qui avait suprimé des dizaines de milliers emplois et le général barbouzard Audran, qui avait les deux mains dans la FrançAfrique) que Rouillan avait alors éliminé (et qui seraient sûrement considérés aujourd’hui par Soral comme les agent d’un complot dont il a le secret) sont considérés comme de malheureuses victimes et qualifiés de « grands commis de l’Etat d’origine populaire et catholique »…

Soral et son polo de flic.

Ces vidéos avaient aussi (surtout) un aspect antisémite certain, Soral tentait d’y démontrer à son auditoire, texte à l’appui, que l’anarchisme était antisémite… Et qu’en plus de cela il l’était plus que lui (!). Si, pour un public de fan de Soral, la démonstration est sûrement satisfaisante puisque faite par le grand maître. Pour le curieux à l’esprit un tant soit peu critique, tout cet argumentaire tombe en revanche rapidement à l’eau. En effet, pour valider son affirmation, Soral va citer un auteur qu’il a préalablement présenté avec d’autres comme appartenant au « panthéon » (sic) où trôneraient les « 4 grands penseurs » de l’anarchie, Bakounine,Tolstoï, Malatesta et Stirner.

L’anarchisme est un courant de pensée extrêmement vaste et hétéroclite mais ayant tout de même quelques caractéristiques communes qui s’appliquent à ceux qui s’en sont revendiqués, parmi lesquelles celle d’être profondément athée. De ce fait, il n’existe pas de « panthéon » des penseurs anarchistes et Tolstoï, qui bien qu’il fût un grand romancier, était profondément chrétien, ne peut sûrement pas être considéré comme un « grand penseur de l’anarchie ». Quant à Stirner, sa parenté avec ce que l’on entend traditionnellement par « anarchisme » (communisme-libertaire, fédéralisme…) est pour le moins bien éloigné et il ne se trouve plus grand monde à part quelques fous pour s’en revendiquer…

Ce blog ne se revendiquant pas de l’anarchisme, ceci n’est qu’une mise au point.

Par ailleurs, et la plupart des anarchistes en conviendrait (même à contre-coeur), il faudrait être un sacré faux-cul pour ne pas reconnaitre que l’anarchisme, surtout au XIXè siècle a eu une composante profondément conservatrice, sexiste et antisémite. Affirmer le contraire relèverait de la malhonnéteté intellectuelle. L’anarchisme n’a pas historiquement toujours été forcément progressiste et il y a un tas de merdes qui s’en revendiquent encore aujourd’hui… Sauf que si ces auteurs ont pu avoir des dérives malheureuses il y a un siècle et demi, ils étaient avant tout porteurs d’un projet de société émancipateur. Tout le contraire de celui de Soral, qui, lui, retient de cette période les plus réactionnaires des antisémites, préférant rééditer et paraphraser Edouard Drumont (nationaliste anti-dreyfusard, fondateur de la Ligue nationale antisémitique de France).

Drumont réédité par Égalité et Réconciliation

Ceci étant dit, revenons-en à cette vidéo de Soral où il entend nous convaincre en citant un texte de Bakounine sorti de l’ouvrage rédigé par son ami négationniste Paul-Eric Blanrue : Le monde contre soi: anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme. Paul-Eric Blanrue est un raciste, un antisémite et un négationniste notoire qui ne s’en cache même pas. Le dernier délire morbide qui est venu à l’esprit tordu de cet homme a été de nier le génocide au Rwanda. Nous nous contenterons de renvoyer aux articles de Ni Patrie Ni Frontière, REFLEXes et ConspiracyWatch.

Mais qu'est-ce qu'il nous cite Soral ?

C'est le bouquin de ton pote Blanrue...

Alain a donc été contraint de revoir ses objectifs à la baisse, et pas  qu’un peu puisqu’il s’est rabattu sur ce que l’antifascisme a pu  produire de pire ces dernière décennies, Kim…

Mais alors pourquoi s’intéresser à ce personnage si inconséquent, nous demanderez-vous ? Et même, pourquoi intéresserait-il un Alain Soral en quête de figures pour légitimer son discours ? Car c’est bien là que se situe le point de départ de cet article…

Le gourous...

...ses fidèles.

Le discours d’Alain Soral et de sa secte consiste à se présenter comme le dernier rempart contre la réalisation des projet du fameux « empire » (oligarchique, sioniste…). A savoir qu’il s’agit ni plus ni moins de l’effondrement de la société et d’une guerre civile ethnico-religieuse. Des événements qu’il serait lui seul à même d’empêcher par la « réconciliation nationale » (de la droite et de la gauche, des chrétiens et des musulmans, bref rien de bien nouveau à l’extrême-droite…). Tout le reste du monde n’est que mensonge et participe au complot contre la civilisation et à la manipulation du « peuple ». D’après Soral, tout ceci s’inscrit dans le conflit des civilisations qui est orchestré en secret par les juifs apatrides, les francs-maçons, les « banksters », les néo-conservateurs américains, l’islam sunnite, les crypto-communistes, les anarchistes, les homosexuels, enfin tout le monde quoi… Un conflit que Soral attise et entretient dans les faits par sa haine mais qu’il attribue aux autres et dont il se présente comme la solution miraculeuse.

C’est ce qui explique la forte présence du discours survivaliste et de ses acteurs dans l’organisation d’Alain Soral. Car il ne s’agit pas seulement d’attirer de nouveaux adeptes en prônant la « réconciliation nationale » pour éviter la fin du monde. Cet argument n’est qu’une façon de se vendre (puisqu’à terme c’est aussi de cela qu’il s’agit). Une fois bien intégré dans l’organisation il va s’agir de s’y préparer pour y survivre avec le maître. Pour ce faire, il faut accomplir les tâches que ce dernier nous confie sans discuter et sans réfléchir sous peine de se voir réduit au silence. Il faut se préparer en mettant en place des bases opérationnelles (les fameuses BAD théorisées par Serge « Batskin » Ayoub puis par Piero Falloti) pour la guerre civile et d’acquérir le matériel et les connaissances pour la mener (c’est un peu « L’insurrection qui vient » mais chez les fafs…). Soral et sa clique ont tout prévu pour leurs fidèles soldats, car avant de devenir des combattants, ce sont avant tout des consommateurs et Egalité et Réconciliation des commerçants.

Ainsi Egalité et Réconciliation, et les entreprises de ses cadres dirigeants, sont prêts à investir tous les aspects de la vie des personnes à qui ils ont préalablement lavé le cerveau. C’est chez eux que ces derniers doivent chercher un nouveau mode de vie. Mais c’est aussi et surtout chez eux qu’ils doivent consommer tout ce qui compose ce mode de vie… Soral va même plus loin car depuis peu, c’est lui qui est l’employeur d’une partie de ses fidèles qui bossent dans ses multiples boites pour faire marcher cette nouvelle micro-société sectaire dont ils rêvent et y ramener de nouveaux adeptes du culte, qui comme eux le font déjà, lui donneront leur argent.

Il s’agit d’un discours messianique sur fond de prédications apocalyptiques. En effet Soral nous prédit le pire mais dans le même temps prétend être la solution a tout les problèmes, détenant la vérité cachée au reste de l’humanité et de ce fait le seul a même de réunir ceux qui survivrons à l’apocalypse.

Messianisme: Croyance en la venue d’un libérateur ou sauveur qui mettra fin à un ordre présent considéré comme mauvais et instaurera un ordre nouveau dans la justice et le bonheur.

Dictionaire Larousse

Soral déblatérant sur son canapés, devant la caméras...

Dans ce contexte, Soral n’hésite pas à désigner les antifascistes comme des « réactionnaires » qui « persécutent les Français d’origine immigrée ». Les « antifas » serait le produit du « projet impérial » pour neutraliser et stériliser la « colère légitime » des jeunes en les faisant s’affronter entre eux. Ils seraient composés de « lycéens et post-lycéens, étudiants, universitaires science-molle, voire punks à chiens » et le tout serait « sous contrôle des éternels réseaux trotskystes qui avaient fait chuter De Gaulle après son discours de Novembre 67 par Mai 68 » on serait comme il aime bien le dire « toujours dans la même manip« . On conviendra parfaitement du ridicule de ces affirmations, d’autant plus que la référence que n’a de cesse de citer Soral en la matière est le désormais spécialiste des théories conspirationnistes fumeuses sur le mouvement antifasciste François Asselineau. Pour lui, comme nous le rappelle Soral:

« Quand on recherche les financement ça passe par la Hollande et ça arrive directement à la CIA. C’est démontrable de A à Z ! »

Soral s’est donc vanté récemment d’avoir permis la « réconciliation » avec les « figures historiques » des chasseurs qui seraient les « plus légitimes« . Cela a donné lieu à une vidéo qui mettrait d’après lui les antifas mal à l’aise, ce qui expliquerait l’absence de commentaires de leur part. Il n’en est rien. L’absence de commentaire est due au fait que cette vidéo, tout comme les personnes qui y interviennent, n’avaient alors et n’ont toujours à vrai dire que peu d’intérêt. Ce n’est que remise dans son contexte et en considérant la suite des événements que cette vidéo a un intérêt, et c’est l’objet du présent texte.

Kim dans la secte à Alain Soral...

La suite dans la deuxième partie

Source: http://www.naufrageur.antifa-net.fr/petite-sociologie-des-bas-de-plafond-qui-jouent-la-reconciliation-premiere-partie-internet-secte-politique-et-argent/

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